« Je vais très bien. Et toi ? »
Et si nous apprenions à regarder au-delà des mots ?
Une phrase banale. Une phrase que l’on peut envoyer à un ami, à un proche, à un collègue ou à quelqu’un dont on vient simplement prendre des nouvelles. Dans une conversation ordinaire, elle signifie que tout va bien, que la personne se porte bien et qu’elle retourne à son interlocuteur la même question.
Mais sur cette image, quelque chose ne va manifestement pas.
La personne qui écrit « Je vais très bien » est présentée avec les mains menottées. Elle se trouve derrière les barreaux ou dans un contexte de détention. Autrement dit, le message dit une chose, tandis que la réalité visible en dit une autre.
Et c’est précisément là que commence la réflexion.
« Je vais très bien »… vraiment ?
Il y a des situations où l’on répond « ça va » simplement parce qu’on ne veut pas expliquer ce qui ne va pas.
On dit :
« Ça va. »
Alors que ça ne va pas.
« Je vais très bien. »
Alors qu’on traverse une période difficile.
« Tout est sous contrôle. »
Alors qu’intérieurement, tout s’écroule.
Cette image pousse cette contradiction à l’extrême : comment quelqu’un peut-il dire qu’il va très bien alors qu’il est menotté ?
Bien sûr, la phrase peut être une plaisanterie, une manière de cacher sa situation ou simplement une réponse destinée à ne pas inquiéter celui qui se trouve à l’autre bout du téléphone.
Mais elle rappelle surtout une réalité humaine : nous ne disons pas toujours aux autres ce que nous vivons réellement.
Le téléphone ne montre pas toujours la vérité
Aujourd’hui, une grande partie de nos échanges passe par les écrans.
Un message peut dire :
« Je suis à la maison. »
« Je suis tranquille. »
« Tout va bien. »
« Ne t’inquiète pas. »
Mais derrière quelques mots, il peut y avoir une réalité complètement différente.
Le destinataire ne voit pas nécessairement le visage de celui qui écrit. Il ne voit pas son environnement. Il ne voit pas ses larmes, ses inquiétudes, ses difficultés ou, comme dans cette image, les menottes autour de ses poignets.
C’est pourquoi une conversation par téléphone ne suffit pas toujours pour connaître véritablement l’état d'une personne.
Pourquoi mentir sur sa situation ?
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles quelqu’un peut cacher ses difficultés.
La honte, d’abord.
Certaines personnes n’aiment pas montrer qu’elles sont en difficulté. Elles préfèrent donner l’impression de maîtriser la situation.
Il y a ensuite la peur d’inquiéter les autres.
Quelqu’un peut se dire : « Si je lui explique ce qui m’arrive, il va s’inquiéter. Autant lui dire que tout va bien. »
Il y a aussi parfois la volonté de préserver son intimité.
Tout le monde n’a pas besoin de connaître nos problèmes. Certaines situations sont personnelles et l’on choisit de les garder pour soi ou de ne les expliquer qu’à une personne de confiance.
Mais il existe également une autre raison : l’humour.
Dire « je vais très bien » alors qu’on est dans une situation manifestement mauvaise peut être une manière de prendre son malheur avec dérision.
Une phrase qui devient une leçon
L’image nous enseigne donc quelque chose de simple : ne jugez pas toujours la situation d’une personne à partir de ses paroles.
Quelqu’un peut sourire et souffrir.
Quelqu’un peut plaisanter et être profondément inquiet.
Quelqu’un peut publier des photos heureuses alors qu’il traverse une période compliquée.
Quelqu’un peut même vous écrire « Je vais très bien », alors qu’en réalité, il aurait peut-être besoin que vous lui demandiez :
« Tu es sûr que ça va ? »
Il ne s’agit pas de soupçonner systématiquement les autres de mentir. Il s’agit simplement de comprendre que l'être humain ne raconte pas toujours toute son histoire.
Et si nous apprenions à regarder au-delà des mots ?
La véritable force de cette image se trouve finalement dans ce contraste : les mots disent « bien », les menottes disent « problème ».
Entre les deux, il y a toute la complexité de la vie humaine.
Nous avons appris à communiquer rapidement, mais pas toujours à communiquer profondément. Nous demandons : « Comment vas-tu ? », et nous attendons souvent une réponse automatique : « Ça va bien. »
Puis chacun continue son chemin.
Peut-être faudrait-il parfois s’arrêter.
Regarder.
Écouter.
Et lorsque la situation semble étrange, poser une deuxième question :
« Non, sérieusement… comment vas-tu ? »
Parce que derrière un simple « Je vais très bien », il peut y avoir une histoire que personne ne connaît.
Et dans cette image, la leçon est brutale mais simple : les mots peuvent dire que tout va bien ; parfois, la réalité, elle, porte déjà les menottes.
Dane News | ✍️ Félix Mulumba, journaliste, philosophe de formation et libre penseur !
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