Dévoilée le 20 juin 2022 sur la place Eidsvoll, devant le Parlement norvégien, la statue a ensuite été installée de manière permanente dans le parc Spikersuppa, à Oslo. Elle est présentée comme la première statue au monde représentant une femme atteinte d’un cancer du sein incurable.
Réalisée par le sculpteur norvégien Håkon Anton Fagerås, l’œuvre représente Cecilie avec un seul sein et une cicatrice de mastectomie apparente. Un choix assumé, destiné à montrer sans détour les traces physiques de la maladie et à donner une place publique aux patientes dont les histoires restent souvent dans l’ombre.
Au-delà de la guérison, la réalité des patientes
Diagnostiquée à l’âge de 42 ans, Cecilie Flatval s’était engagée à témoigner de son expérience afin de sensibiliser le public à la situation des femmes vivant avec un cancer du sein métastatique. À travers cette initiative, l’objectif était également de rappeler que toutes les trajectoires de la maladie ne se terminent pas par une guérison.
Le cancer du sein métastatique correspond à une maladie qui s’est propagée à d’autres parties du corps. Dans sa forme incurable, les traitements visent notamment à ralentir son évolution, à soulager les symptômes et à prolonger la vie des patientes.
En Norvège, environ 600 femmes et hommes meurent chaque année d’un cancer du sein métastatique, selon la Société norvégienne du cancer du sein.
L’œuvre a été commandée par cette association et financée par le promoteur immobilier Eiendomsspar. Elle entend attirer l’attention sur une catégorie de patients dont les besoins et les difficultés sont parfois éclipsés par les messages centrés sur la survie et la guérison.
Une réalité mondiale
À l’échelle mondiale, le cancer du sein demeure un enjeu majeur de santé publique. Selon les estimations internationales pour 2022, environ 2,3 millions de nouveaux cas ont été enregistrés et près de 670 000 décès lui ont été attribués. Ces chiffres concernent l’ensemble du cancer du sein et non uniquement sa forme métastatique.
En donnant un visage à cette réalité, la statue « Cecilie » porte un message qui dépasse les frontières norvégiennes : les femmes vivant avec une maladie incurable ont elles aussi besoin de visibilité, d’accompagnement et de soutien.
Au Kasaï-Central, un appel à briser les tabous
En République démocratique du Congo, notamment au Kasaï-Central, la sensibilisation au cancer du sein demeure essentielle. Le manque d’information, les difficultés d’accès aux soins et la peur du diagnostic peuvent retarder la consultation et compliquer la prise en charge.
L’histoire de Cecilie invite ainsi à renforcer le dialogue autour de cette maladie, à encourager les femmes à consulter les professionnels de santé face à tout signe suspect et à promouvoir un accès plus précoce au diagnostic et aux soins.
À Kananga comme ailleurs, le message est clair : derrière les statistiques se trouvent des femmes, des mères et des familles confrontées à une épreuve qui exige davantage d’écoute, de solidarité et de dignité.
Avec « Cecilie », la Norvège rappelle que la lutte contre le cancer du sein ne se résume pas à célébrer les guérisons : elle consiste aussi à rendre visibles celles qui continuent de vivre avec la maladie.
Sources : Société norvégienne du cancer du sein (Brystkreftforeningen) ; Organisation mondiale de la santé (OMS) ; Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).
Dane News| ✍️ Rédaction











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