Cher collègue Jérémie,
J’ai parcouru ton analyse relative aux déclarations du Président de l’AC Dibumba, l’Honorable Guy MAFUTA. Autorise-moi à m’inscrire en faux, car ton argumentaire manque de hauteur et de connaissance réelle des mécanismes du football.
Je précise que je ne défends personne ici. Je n’ai aucun camp.1. Tu mélanges "relations" et "atouts stratégiques"
Affirmer que disposer de contacts à la FIFA et à la CAF "ne suffit pas" relève de l’évidence. Personne ne prétend le contraire. Mais soutenir que c’est sans importance, c’est ignorer les règles du football international. Sans réseau, impossible d’accéder aux programmes FIFA Forward, aux projets Goal, aux stages de haut niveau, ou même aux compétitions. L’Honorable Guy MAFUTA n’évoque pas des amitiés de couloir, mais une capacité d’influence pour débloquer des opportunités au profit de notre football.
2. Ton réquisitoire contre Constant OMARI et Véron MOSENGO manque d’objectivité
Tu présentes Constant OMARI comme un fiasco. C’est inexact. Grâce à son poids, la RDC a organisé la CAN U20 2009, formé des arbitres FIFA, et obtenu des subventions pour des infrastructures. Dire que "le football congolais n’en a tiré aucun avantage concret" est contraire aux faits. Concernant Véron MOSENGO, tu omets qu’un Secrétaire Général de la CAF exécute les décisions du Comité Exécutif, il ne décide pas. Et le CONOR ? Il n’a pas été créé par Mosengo. C’est la FIFA qui installe les comités de normalisation. Mélanger les responsabilités, voilà le signe qu’on ne maîtrise pas le dossier.
3. L’Honorable Guy MAFUTA voit juste
Un carnet d’adresses sans programme est stérile. Mais un programme sans carnet d’adresses n’ira nulle part.
L’Honorable Guy MAFUTA rappelle une vérité simple : il faut conjuguer les deux. Un candidat crédible avec des idées solides ET des appuis pour les financer et les défendre. Tu opposes deux éléments indissociables, comme si un bon dossier technique se suffisait à lui-même. Va interroger les clubs des provinces qui ont des initiatives mais aucun relais institutionnel : ils s’éteignent.
Le football, c’est la pelouse, les règlements, et la négociation. Ton analyse, elle, boite.
Avant de s’exprimer sur une matière aussi pointue, il faut posséder les codes de la gouvernance du football. Le micro trahit vite quand on improvise.
🔊Patrick KALAMBA/Analyste sportif congolais
Dane News|✍️ Rédaction













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