Un faible taux de décaissement et des irrégularités relevées

L’Inspection Générale des Finances (IGF) a transmis au Bureau Central de Coordination (BCECO) les conclusions d’une mission de contrôle relative aux projets d’infrastructures exécutés dans la province du Kasaï-Central. Dans une correspondance signée le 19 mars 2026 par l’Inspecteur Général des Finances – Chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, plusieurs irrégularités ont été relevées dans l’utilisation des fonds publics alloués à ces travaux.

Selon ce document adressé au Directeur Général du BCECO, la mission de contrôle fait suite à une réquisition d’information du Procureur Général près la Cour de cassation. L’IGF précise que malgré l’établissement de la traçabilité des fonds, plusieurs dysfonctionnements majeurs ont été constatés.

Parmi les principaux griefs figurent notamment un très faible taux de décaissement évalué à 27,84 %. Sur un montant contractuel total de 283.099.201,38 dollars américains destiné aux projets d’infrastructures dans la province, seuls 78.806.267,42 dollars auraient été effectivement libérés. Une situation qui, selon l’IGF, entraîne une stagnation des chantiers.

La concentration des marchés pointée du doigt

Le rapport évoque également une concentration des marchés publics attribués majoritairement à une seule entreprise, SAFRIMEX, sans une évaluation préalable suffisante de ses capacités techniques et financières. L’IGF estime que cette situation fragilise l’exécution globale des travaux.

L’Inspection Générale des Finances dénonce par ailleurs une violation manifeste des règles de passation des marchés publics dans les contrats conclus avec les sociétés MODULOR et SAFRIMEX.

Les recommandations de l’IGF

Afin de corriger rapidement les insuffisances constatées, l’IGF recommande au BCECO plusieurs mesures, notamment :

  • Justifier formellement le recours à la procédure de gré à gré en faveur des prestataires concernés ou procéder à une mise en concurrence ;
  • Évaluer les capacités techniques et financières des entreprises avant l’attribution des marchés ;
  • Éviter d’attribuer plusieurs marchés à un même opérateur au même moment ;
  • Harmoniser les flux financiers avec le chronogramme des travaux afin de limiter les surcoûts liés aux retards ;
  • Clarifier, en concertation avec le Fonds National d’Entretien Routier (FONER), les responsabilités des différents maîtres d’ouvrage.

Dans sa correspondance, l’IGF demande également des éclaircissements sur l’allocation future des fonds ainsi que sur le plan de redressement envisagé pour garantir l’achèvement des projets d’infrastructures au Kasaï-Central.

Un dossier à suivre

Cette sortie de l’Inspection Générale des Finances intervient dans un contexte marqué par plusieurs préoccupations autour de l’exécution des travaux publics dans la province du Kasaï-Central. Les conclusions de cette mission pourraient relancer le débat sur la gouvernance des marchés publics et le suivi des investissements de l’État dans les provinces.

Jusqu’à présent, aucune réaction officielle du BCECO ou des entreprises citées dans le rapport n’a encore été rendue publique.


Dane News| ✍️ Jeff Mbuyi