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Kasaï-Central : plus de 100 cas de torture recensés en six mois, l'ACDHO tire la sonnette d'alarme

À l'occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, célébrée chaque 26 juin, l'Association Congolaise des droits de l'homme (ACDHO/Kasaï-Central) tire la sonnette d'alarme sur la persistance des actes de torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants dans la province.
Son coordonnateur provincial, Arthur Padinganyi, rappelle que ces pratiques sont interdites par les lois nationales ainsi que par les instruments juridiques internationaux ratifiés par la République démocratique du Congo. Malgré ce cadre légal, elles restent fréquentes, notamment lors de l'interpellation de personnes soupçonnées d'avoir commis des infractions.
Selon lui, l'ACDHO/Kasaï-Central a documenté plus d'une centaine de cas de torture et de mauvais traitements au cours des six premiers mois de l'année 2026. Les victimes sont principalement des présumés voleurs ou des personnes impliquées dans des conflits sociaux, qui subissent souvent des violences avant même d'être présentées devant un officier de police judiciaire ou un magistrat du parquet.

Le défenseur des droits humains dénonce également la recrudescence des cas de justice populaire dans la province. Des personnes simplement soupçonnées de vol sont parfois lynchées ou brûlées vives par des habitants. Il regrette que, malgré plusieurs dénonciations accompagnées de preuves, notamment des vidéos, les enquêtes judiciaires n'aboutissent que rarement.
Des personnes présumées innocentes ou simplement soupçonnées d'avoir commis une infraction sont souvent soumises à des traitements qui portent atteinte à leur dignité , a déclaré Arthur Padinganyi.
Pour prévenir ces abus, l'ACDHO/Kasaï-Central mène des campagnes de sensibilisation à travers plusieurs radios locales partenaires afin de rappeler que toute personne suspectée d'une infraction doit être remise à la police ou au parquet, et non faire l'objet de violences. L'organisation déplore toutefois que ces messages peinent encore à atteindre une partie de la jeunesse.

Enfin, Arthur Padinganyi appelle les autorités à renforcer la formation des policiers afin que les opérations d'interpellation se déroulent dans le strict respect des droits humains. Il rappelle que la mission des forces de l'ordre est d'arrêter les suspects et de les présenter à la justice, tandis que la population doit renoncer à toute forme de justice populaire, sous peine de poursuites judiciaires.


Dane News|✍️ José Kaka

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