OTTAWA — Le contrôle aérien canadien s’apprête à franchir une nouvelle étape technologique. Nav Canada, l’organisme chargé de la navigation aérienne civile dans le pays, a retenu l’aéroport de Hamilton, en Ontario, pour expérimenter une tour de contrôle numérique permettant à des contrôleurs aériens de guider des avions depuis un site situé à plusieurs centaines de kilomètres.
Le projet s’inscrit dans le développement des technologies de contrôle aérien à distance. Une première installation numérique a été construite à Kingston, dans l’Est de l’Ontario, où le dispositif doit d’abord être testé avant d’être déployé dans le cadre du projet pilote de Hamilton.
À terme, la technologie pourrait permettre à des contrôleurs installés à Kingston, à près de 300 kilomètres de Hamilton, de surveiller et de gérer les mouvements d’aéronefs sur cet aéroport.
Une tour sans contrôleurs sur place
Contrairement aux tours de contrôle traditionnelles, le dispositif ne repose pas sur une présence physique des contrôleurs au sommet d’une tour. La surveillance est assurée par un réseau de caméras haute définition capables de fournir une vue panoramique du ciel et des pistes.
Ces équipements disposent également de capacités infrarouges, conçues notamment pour améliorer la visibilité durant la nuit ou lorsque les conditions météorologiques réduisent la visibilité.
Les images captées sur le site aéroportuaire sont transmises en temps réel vers une salle de contrôle équipée de 12 grands écrans.
Les contrôleurs peuvent ainsi observer l’environnement de l’aéroport et suivre les mouvements des appareils comme s’ils se trouvaient sur place.
L’intelligence artificielle en appui aux contrôleurs
Le dispositif intègre également des fonctionnalités reposant sur l’intelligence artificielle. Celles-ci doivent notamment aider les contrôleurs à détecter les aéronefs en mouvement et à identifier d’éventuels dangers.
L’objectif n’est pas de remplacer les contrôleurs, mais de leur fournir des outils supplémentaires pour améliorer leur capacité de surveillance et leur prise de décision.Selon Nav Canada, la tour numérique de Kingston pourrait, à terme, être capable de desservir jusqu’à une quinzaine d’aéroports, ouvrant la voie à une nouvelle organisation du contrôle aérien dans certaines installations canadiennes.
Une évolution du contrôle aérien
Cette technologie pourrait particulièrement intéresser les aéroports où la mise en place ou le maintien d’une tour de contrôle conventionnelle représente des contraintes importantes. Le contrôle à distance permettrait de centraliser certaines opérations tout en conservant une surveillance directe des pistes et de leur environnement.
Le projet de Hamilton constituera ainsi un test important pour déterminer dans quelle mesure ces infrastructures numériques peuvent répondre aux exigences de sécurité et d’efficacité du contrôle aérien.
Si l’expérience s’avère concluante, le Canada pourrait progressivement étendre ce modèle à d’autres aéroports, faisant des tours de contrôle numériques un nouvel outil de la gestion du trafic aérien.
Dane News | ✍️ Rédaction



















0 Commentaires