À Kananga, les familles confrontées à un décès doivent désormais composer avec la hausse du prix de certains cercueils. Un vendeur et une usagère interrogés évoquent une pression financière supplémentaire, dans un contexte où les dépenses liées aux funérailles sont déjà nombreuses.
Faire ses adieux à un proche coûte de plus en plus cher pour certaines familles à Kananga. Au-delà du transport, de la nourriture et des autres dépenses liées aux obsèques, l’achat du cercueil représente également une charge importante.
Selon Jean Kabongo, vendeur de cercueils interrogé à Kananga, certains modèles qui se vendaient auparavant autour de 100 000 francs congolais atteignent désormais 150 000 francs congolais, soit une hausse de 50 %.
Sur le marché, plusieurs modèles sont proposés aux familles, notamment ceux communément appelés « Pente », « Coffres », « Turbo » ou encore « Satins ». Les tarifs diffèrent en fonction du modèle et du niveau de finition.
Des prix qui augmentent
Jean Kabongo affirme avoir constaté une progression des prix au cours de la période récente. Pour certains cercueils, le tarif serait ainsi passé de 100 000 à environ 150 000 francs congolais.
Les raisons précises de cette augmentation n'ont toutefois pas été établies dans le cadre de ce reportage. Le vendeur évoque notamment le coût des matériaux, de la fabrication et du transport, des facteurs qui nécessiteraient d'être confirmés auprès d'autres professionnels du secteur.
Cette hausse intervient alors que les familles doivent déjà mobiliser des ressources pour couvrir plusieurs autres dépenses liées aux funérailles.
Le crédit pour faire face au manque de moyens
Pour certains ménages qui ne disposent pas immédiatement de la somme nécessaire, l'achat à crédit constitue une solution.
Jean Kabongo explique accorder, dans certains cas, des facilités de paiement à des familles en difficulté. Celles-ci peuvent repartir avec le cercueil et convenir d'un délai pour régler le montant restant.
Une pratique qui permet de répondre à l'urgence du moment, mais qui peut aussi prolonger les difficultés financières des familles après les obsèques.
Des familles sous pression
Pour Thérèse Nkaya, une usagère interrogée, le décès d'un proche entraîne une succession de dépenses difficiles à supporter pour certaines familles.
L'achat du cercueil ne constitue qu'une partie de la facture. À cela s'ajoutent notamment le transport, la nourriture et les autres frais liés à l'organisation des funérailles.
Dans ces conditions, chaque augmentation de prix peut peser davantage sur des ménages dont les ressources sont parfois limitées.
Entre dignité et contraintes financières
Le cercueil demeure un élément central des obsèques et son choix dépend à la fois des préférences de la famille et de ses moyens financiers.
À Kananga, la hausse rapportée par certains vendeurs illustre ainsi une autre dimension du coût des funérailles : pour les familles endeuillées, préserver la dignité des obsèques doit parfois se faire avec des ressources financières limitées.
Au-delà du prix d'un cercueil, les témoignages recueillis soulignent donc le poids économique que peut représenter un décès pour les ménages.
Dane News | ✍️ Albertine Bantakanya et Monique Tshitende
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