Kananga, Samedi 15 août 2026 — Le Collectif des journalistes d’investigation du Kasaï-Central a présenté les résultats d’une enquête menée dans plusieurs zones minières de Luiza. L’équipe, composée notamment de Fabrice Mbumba, Jean-Pierre Kabue Kayembe, José Mbuyi et Victor Mbuyi, s’est appuyée sur une cartographie et des investigations de terrain pour documenter les activités aurifères.
Présenté devant des journalistes, des élus et des acteurs de la société civile, le rapport relève plusieurs situations nécessitant, selon les enquêteurs, des vérifications administratives, financières et judiciaires.
La démarche fait notamment suite à une motion d’information soulevée à l’Assemblée provinciale lors de la session de septembre 2025 sur l’exploitation minière dans la province.
Des activités à clarifier
Les investigations concernent notamment OXOR CAPITAL, SHASHEM, RECOPANE/REKOPANE RDC SARL et LETA MBAVU MINING COMPANY SARL.
À Kayembe, des dragues, motopompes et tracteurs attribués à Oxor Capital auraient été identifiés, avec la présence annoncée de sept ressortissants russes. Des équipements liés à Shashem auraient été recensés à Sakanji, tandis que des matériels attribués à Rekopane ont été signalés à Mbangu.
Le Collectif demande la vérification des titres miniers, autorisations et documents administratifs couvrant ces activités.
Le volet cartographique, présenté par Jean-Pierre Kabue Kayembe, vise à localiser les différentes zones d’exploitation afin de mieux documenter l’implantation des activités minières à Luiza.
Des flux financiers à vérifier
Le rapport mentionne plusieurs opérations financières. À Sambuyi, des paiements totalisant 29 700 dollars américains sont évoqués. Dans le dossier LETA MBAVU MINING COMPANY SARL, un témoignage fait état d’une somme de 100 000 dollars qui aurait été réclamée pour permettre l’accès à une concession.
Le Collectif demande que les documents bancaires, titres miniers, correspondances et éventuels mouvements financiers soient examinés par les autorités compétentes.
Plusieurs coopératives, dont Coemal, Coemac, Coemad et Comideco, sont également citées. Leur fonctionnement et leurs bénéficiaires effectifs devraient faire l’objet d’un audit. Le statut juridique des ressortissants étrangers présents sur certains sites est également à clarifier.
Des retombées locales jugées faibles
L’enquête s’interroge enfin sur les bénéfices de l’exploitation aurifère pour les communautés locales. Les journalistes évoquent notamment le manque d’écoles, de centres de santé et de routes praticables dans plusieurs zones.
Le Collectif recommande des enquêtes judiciaires, l’audit des entreprises et coopératives citées, la vérification des titres miniers et davantage de transparence dans la gestion et la publication des recettes issues de l’or.
Les enquêteurs précisent que leur rapport ne constitue pas une condamnation. Les faits rapportés doivent encore être confrontés aux documents officiels et vérifiés par les autorités compétentes.
Notre enquête s’arrête là où commence le travail de la justice, ont-ils conclu, appelant à une meilleure gouvernance des ressources aurifères et à des retombées plus importantes pour les communautés de Luiza.
Dane News| ✍️ Rédaction
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