Les avocats et avocates du Barreau du Kasaï-Central ont organisé, jeudi 17 septembre à Kananga, une marche pacifique pour dénoncer des menaces, violences et traitements qu’ils attribuent à certains éléments de la Police nationale congolaise (PNC) dans l’exercice de leur profession.
Conduite par le bâtonnier François Ntumba, la mobilisation a traversé plusieurs artères de la ville avant une rencontre avec la hiérarchie provinciale de la PNC. Les représentants du Barreau ont remis un mémorandum dans lequel ils exposent leurs préoccupations, notamment en matière de sécurité des avocats et de respect des garanties attachées à l’exercice de la profession.
Cette démarche intervient après plusieurs incidents rapportés par le Barreau. Selon les avocats, trois de leurs confrères auraient notamment été agressés alors qu’ils intervenaient dans des dossiers concernant leurs clients. Les personnes concernées auraient reçu des soins médicaux à la suite de ces incidents.
Reçue par le commissaire provincial de la PNC, le général de brigade Mike Magnan, la délégation du Barreau a présenté ses griefs et demandé des explications sur les faits dénoncés. La hiérarchie policière a, de son côté, exposé sa version des événements et apporté des éclaircissements sur les circonstances évoquées.
Les échanges ont également porté sur les relations entre avocats et services de police, en particulier sur les conditions d’intervention des conseils dans les procédures judiciaires. La PNC a fait état de certains comportements qu’elle reproche à des avocats dans leurs interactions avec les officiers de police judiciaire.
À l’issue de la rencontre, les deux parties ont privilégié le dialogue et l’apaisement. Elles ont également réaffirmé la nécessité de maintenir un cadre de collaboration entre les acteurs de la justice et les services de sécurité.
Parallèlement, les faits dénoncés feraient l’objet d’une procédure auprès de l’Auditorat militaire, selon les informations communiquées par les avocats. La hiérarchie provinciale de la PNC aurait, pour sa part, indiqué que certains éléments soupçonnés d’être impliqués dans les incidents avaient été mis à la disposition de la justice.
Les circonstances précises des faits ainsi que les éventuelles responsabilités individuelles restent à établir par les autorités judiciaires compétentes. Le dialogue entre le Barreau du Kasaï-Central et la PNC devrait ainsi se poursuivre parallèlement aux procédures engagées.
Dane News| ✍️ Godelieve Cibuabua, Journaliste
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