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RDC : la multiplication des incendies ravive les inquiétudes sur la prévention

Kinshasa, RDC — Une série d’incendies enregistrés ces derniers jours à Kinshasa et dans la province du Sud-Kivu a provoqué des pertes humaines et d’importants dégâts matériels, ravivant les inquiétudes sur la prévention des risques et les capacités d’intervention des services anti-incendie en République démocratique du Congo.

Salles de fêtes, établissements scolaires, habitations et commerces ont été touchés par ces sinistres. Alors que les causes restent encore incertaines dans plusieurs cas, les autorités ont annoncé des contrôles dans certains établissements accueillant du public.

Plusieurs sinistres à Kinshasa

Dans la capitale, plusieurs incendies ont été signalés ces derniers jours dans différentes communes. La salle Panacée, à Lingwala, le Petit Collège, dans la commune de Kinshasa, la salle Bonne Auberge, à Limete, ainsi qu’une habitation située à Barumbu ont notamment été touchés.
À N’Djili, le site des « casse-mitrailles », installé dans une concession de la REGIDESO, a également été victime d’un incendie. Aucun décès n’y a été signalé.
À Limete, l’incendie de la salle Bonne Auberge n’a pas fait de victime, selon le bourgmestre adjoint Isaac Mukendi. Plusieurs biens ont toutefois été détruits.
Des interventions qui soulèvent des interrogations
Au-delà des dégâts causés par les flammes, ces incidents ont remis en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les services de secours dans la capitale.

Au Petit Collège, le bourgmestre de la commune de Kinshasa a déploré l’arrivée des services anti-incendie plus d’une heure après le début du sinistre. À Limete, le bourgmestre adjoint a affirmé, selon les témoignages recueillis sur place, que les services anti-incendie n’avaient pas répondu à l’appel.

À Barumbu, des habitants ont également indiqué avoir tenté de joindre les secours lors d’un incendie survenu sur l’avenue Kongolo.
Des informations recueillies après ces différents sinistres évoquent par ailleurs un parc de moins de cinq camions anti-incendie pour les 24 communes de Kinshasa. Si ce chiffre doit encore être officiellement documenté, il pose la question de l’adéquation des moyens de secours avec les besoins d’une métropole de plusieurs millions d’habitants.

Le Sud-Kivu également touché

La situation ne se limite pas à Kinshasa. À Bukavu, dans le quartier Panzi, commune d’Ibanda, un incendie a ravagé au moins 70 maisons, selon les informations disponibles.
Quelques jours plus tard, les écoles Ujamaa et Furaah, à Kasheke, ont à leur tour été touchées par un incendie meurtrier. Le bilan provisoire communiqué par les autorités locales fait état de 15 élèves décédés et de plusieurs blessés graves.
Selon les premiers éléments rapportés, plusieurs victimes auraient péri dans une bousculade alors qu’elles tentaient de fuir les flammes. Les circonstances précises du drame, notamment l’origine du feu, restent à déterminer.

Les causes restent à établir

Dans plusieurs des incendies recensés, aucune cause n’a encore été officiellement établie.

À la salle Panacée, une enquête a été annoncée afin de déterminer les circonstances exactes du sinistre. Au Petit Collège, l’hypothèse d’un court-circuit consécutif au rétablissement de l’électricité a été évoquée, sans confirmation officielle à ce stade.

À Bonne Auberge, à N’Djili et à Panzi, les causes restent également inconnues. À Barumbu, certains habitants ont évoqué l’hypothèse d’un problème électrique, là encore sans conclusion d’enquête.

Les contrôles relancés

Face à cette succession d’incidents, le gouvernement provincial de Kinshasa a annoncé le contrôle de conformité des salles de fêtes et d’autres établissements accueillant du public.

L’objectif est notamment de vérifier les conditions de sécurité et de réduire les risques dans des lieux susceptibles de recevoir un grand nombre de personnes.

Pour les spécialistes de la prévention des risques, la question dépasse toutefois le seul contrôle administratif. La sécurité incendie doit être intégrée dès la conception et la construction des bâtiments, puis vérifiée régulièrement.

Extincteurs fonctionnels, issues de secours accessibles, systèmes d’alerte, installations électriques conformes et plans d’évacuation constituent notamment des mesures essentielles pour limiter les pertes humaines en cas de sinistre.

Prévenir avant qu’il ne soit trop tard

La répétition de ces incendies met ainsi en évidence deux défis : prévenir les départs de feu et être capable d’intervenir rapidement lorsqu’ils surviennent.

Le renforcement des équipements des services anti-incendie, la formation du personnel, l’amélioration du dispositif d’alerte et des contrôles réguliers des bâtiments accueillant du public apparaissent comme des mesures prioritaires.

Mais au-delà des annonces faites après chaque drame, l’enjeu reste celui d’une politique durable de prévention. Dans une ville comme Kinshasa comme dans les zones urbaines du Sud-Kivu, la rapidité des secours et la conformité des bâtiments peuvent faire la différence entre un sinistre maîtrisé et une catastrophe humaine.


Dane News | ✍️ Emmany YAMBA KADIOTO

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