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RDC : Paulin Kanku conteste la légitimité de Joseph Kabila à donner des leçons de gouvernance et rejette sa participation au dialogue national

Le président national de la Nouvelle alliance des ambassadeurs du Grand Congo (NAAGC) accuse l’ancien chef de l’État de n’avoir présenté aucune proposition concrète pour sortir le pays de ses crises. Il défend parallèlement l’action de Félix Tshisekedi et plaide pour un dialogue national consacré à la souveraineté, à la sécurité et à l’amélioration des conditions de vie des Congolais.

Le président national et autorité morale de la Nouvelle alliance des ambassadeurs du Grand Congo (NAAGC), Paulin Kanku, a vivement critiqué la récente sortie médiatique de l’ancien président congolais Joseph Kabila. Dans une interview accordée dimanche 11 octobre 2026, il a remis en cause le bilan de ses dix-huit années au pouvoir et rejeté toute participation de l’ancien chef de l’État à un éventuel dialogue national si celle-ci devait, selon lui, servir des intérêts politiques particuliers plutôt que la recherche de solutions à la crise congolaise.

Pour Paulin Kanku, cette intervention médiatique ne répond pas aux préoccupations prioritaires de la population. Il reproche à Joseph Kabila de multiplier les critiques contre les dirigeants actuels sans présenter de propositions concrètes pour résoudre les difficultés sécuritaires, politiques, économiques et sociales de la République démocratique du Congo (RDC).
Joseph Kabila a effectué une sortie médiatique totalement vide de contenu », affirme-t-il,
Estimant que cette prise de parole vise davantage à satisfaire les ambitions politiques de l’ancien président et de son entourage qu’à contribuer au règlement des problèmes du pays.

Un bilan de dix-huit ans au pouvoir vivement contesté

Au cœur de son argumentation, Paulin Kanku place le bilan de Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019. Le responsable de la NAAGC estime que cette longue période à la tête de l’État aurait dû permettre de renforcer les institutions, d’améliorer les conditions de vie de la population et de consolider durablement la stabilité nationale.

Il soutient, au contraire, que les résultats obtenus sont insuffisants au regard des attentes des Congolais. Il reproche également à l’ancien président certains accords politiques et sécuritaires conclus durant son mandat, dont il conteste les conséquences sur la souveraineté nationale et la stabilité du pays.

Dans ces conditions, Paulin Kanku juge contradictoire que Joseph Kabila se présente aujourd’hui comme une référence en matière de gouvernance. Il l’appelle à expliquer son bilan et à rendre compte de ses choix politiques plutôt qu’à se limiter à critiquer les autorités en fonction.
Au lieu de multiplier les déclarations et les critiques, il devrait apporter des explications précises sur sa gestion du pays pendant dix-huit ans, soutient-il.
Ces appréciations traduisent la position politique du président de la NAAGC. Elles ne constituent pas, à elles seules, une évaluation indépendante du bilan de l’ancien chef de l’État.

Dialogue national : Paulin Kanku met en garde contre un partage du pouvoir

La perspective d’un dialogue national constitue l’autre point majeur de son intervention. Paulin Kanku reconnaît que la concertation peut contribuer à la recherche d’une issue aux crises que traverse la RDC. Il refuse cependant que ce processus devienne, selon ses termes, un mécanisme de partage du pouvoir ou de protection d’intérêts politiques individuels.

Il estime notamment que le dialogue ne doit pas servir à obtenir une protection politique, la levée de mesures restrictives ou l’annulation d’éventuelles sanctions. Il met également en cause toute participation qui viserait à protéger des acteurs qu’il accuse d’avoir contribué aux violences contre la RDC, particulièrement dans sa partie orientale.

Sans présenter ces accusations comme des faits judiciairement établis, Paulin Kanku insiste sur la nécessité de faire du dialogue un cadre de résolution durable des conflits, de consolidation des institutions et de restauration de la confiance entre les Congolais.

Il souhaite que les citoyens soient placés au centre du processus et que les discussions débouchent sur des engagements concrets en faveur de la paix, de la sécurité et du développement.

Le président de la NAAGC considère par ailleurs que ce dialogue doit se tenir dans le respect des institutions républicaines et sous l’autorité des responsables constitutionnellement compétents. Il présente Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo comme un dirigeant favorable à la concertation et à la recherche de solutions pacifiques.

Souveraineté nationale : les accords régionaux au centre des accusations

Dans son réquisitoire contre l’ancien président, Paulin Kanku revient également sur les relations entretenues par la RDC avec certains pays de la région, notamment le Rwanda et l’Ouganda. Il estime que certains accords conclus sous Joseph Kabila ont contribué à renforcer des influences étrangères sur les affaires intérieures congolaises.
Il associe ces choix politiques à ses préoccupations concernant l’exploitation des ressources naturelles, les atteintes à la souveraineté nationale et la persistance de l’insécurité dans l’est du pays.

Le responsable de la NAAGC conteste également la capacité de Joseph Kabila à donner des leçons de stratégie militaire aux autorités actuelles, au regard de son propre bilan et des accords conclus durant sa présidence.

Il appelle les dirigeants congolais à défendre plus fermement les intérêts nationaux et dénonce ce qu’il décrit comme un système dans lequel des acteurs étrangers profiteraient des richesses du pays tandis que la population continuerait de vivre dans la pauvreté.

Ces accusations n’ont toutefois pas été corroborées, dans les éléments de l’interview fournis, par des documents ou des sources indépendantes permettant d’en vérifier la portée.

Félix Tshisekedi défendu par le président de la NAAGC

À l’inverse de ses critiques contre Joseph Kabila, Paulin Kanku exprime un soutien affirmé à Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il salue les initiatives qu’il attribue au président de la République en matière de défense de l’intégrité territoriale, de renforcement de la sécurité et de lutte contre les influences qu’il juge contraires aux intérêts du Congo.

Selon lui, le chef de l’État actuel s’efforce de mettre fin à certaines pratiques héritées du passé et de préserver l’unité nationale. Il estime que les efforts engagés pour faire face aux menaces sécuritaires méritent d’être reconnus.

Paulin Kanku évoque également la décentralisation, dont il critique les modalités de mise en œuvre sous Joseph Kabila. Selon son analyse, certaines orientations adoptées à l’époque auraient compliqué la coordination des institutions centrales et accentué les risques de fragmentation du pays.
Il redoute ainsi des menaces de balkanisation de la RDC et affirme que la défense de l’unité nationale doit demeurer une priorité des autorités.

Ces positions s’inscrivent dans une lecture politique favorable à l’administration actuelle. Elles ne dispensent pas d’un examen indépendant des résultats obtenus en matière de sécurité, de gouvernance et de protection des populations.

L’opposition appelée à présenter des solutions concrètes

Au-delà du cas de Joseph Kabila, le président de la NAAGC critique les acteurs politiques qui, selon lui, se limitent à dénoncer les décisions des institutions sans proposer d’alternatives crédibles.

Il appelle la classe politique à dépasser les rivalités personnelles et à placer les préoccupations des citoyens au centre du débat public. À ses yeux, les critiques adressées au pouvoir sont légitimes dans une démocratie, mais elles doivent s’accompagner de propositions précises et d’une volonté réelle de contribuer au développement national.

Il invite également les Congolais à faire preuve de vigilance face aux discours politiques et à exiger des responsables publics qu’ils expliquent leurs bilans et leurs choix.

Pour Paulin Kanku, les priorités doivent rester la souveraineté nationale, la sécurité des populations, l’intégrité territoriale, le renforcement des institutions et l’amélioration des conditions de vie.
À travers cette sortie, le président de la NAAGC place ainsi le débat sur le dialogue national dans une confrontation plus large autour du bilan de Joseph Kabila, de la responsabilité des dirigeants et de l’orientation politique actuelle de la RDC. Son intervention défend clairement la position des autorités en place, tout en posant une question centrale : le futur dialogue national permettra-t-il de dégager des solutions durables à la crise congolaise ou restera-t-il un espace de confrontation entre acteurs politiques ?

La réponse dépendra notamment des modalités de participation, des garanties institutionnelles et de la capacité des protagonistes à faire prévaloir l’intérêt général sur leurs divergences.


Dane News| ✍️ Rédaction 

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