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Kananga : Quand le « Tabernacle de la Sainteté» s’empare du 8 mars

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Pasteur Manassé Kayembe organise une série de réunions spéciales au Tabernacle de la Sainteté. Sous un titre aux accents apocalyptiques, l’événement interroge sur la place de la figure féminine dans la société congolaise actuelle.

C’est une affiche qui ne passe pas inaperçue dans les rues de Kananga. Sur fond de nuées célestes, encadré par les portraits de figures tutélaires et christiques, le Pasteur Manassé Kayembe pose un regard grave. Le message, lui, est sans équivoque : « La colonne vertébrale de l’humanité se brise, et l’humanité s’écroule. » Pour ce leader religieux, la célébration du 8 mars n’est pas qu’une affaire de droits civils ou de parité salariale ; c’est une urgence civilisationnelle.

Une métaphore anatomique du social

Le ton est donné dès le thème principal. En érigeant la femme au rang de « colonne vertébrale », le Tabernacle de la Sainteté de Kananga déplace le curseur du politique vers le moral. Ici, point de slogans sur le plafond de verre, mais une réflexion sur les fondements mêmes de la nation. L’idée est simple, presque organique : si la femme — pilier de la famille et de la transmission — vacille, c’est tout l’édifice social qui menace de s’effondrer.

Le procès de la modernité ?

Le programme des conférences, qui s’étalera du 8 au 15 mars 2026, décline une série de sous-thèmes qui ressemblent à un réquisitoire contre les mœurs contemporaines. Les titres sont évocateurs :

Le déclin des valeurs : Le « trio qui se meurt » (modestie, pudeur, décence) est présenté comme le rempart perdu face à une « impudicité » qualifiée de gangrène sociale.

L’appel au sursaut : Face à des fondements « renversés », l’église pose la question existentielle : « Que doit faire le juste ? »

Un rendez-vous de foi et de société

Si l’approche peut paraître conservatrice aux yeux des observateurs occidentaux, elle résonne avec une force particulière en République Démocratique du Congo, où le tissu religieux demeure le principal vecteur de cohésion sociale. Le Pasteur Kayembe semble vouloir transformer cette journée de célébration internationale en un moment d’introspection collective sur la dignité et le rôle spirituel de la femme.

Le rendez-vous est pris au numéro 5653 de l’Avenue du Canal, dans la localité SNEL. Entre prêches enflammés et réflexions sur la morale publique, le Tabernacle de la Sainteté compte bien faire entendre sa voix dans le concert des célébrations du 8 mars. Reste à savoir si ce rappel à l’ordre moral saura convaincre une jeunesse congolaise de plus en plus connectée aux évolutions globales du monde.


Texte || Salomon BIMANSHA

Dane News | ✍️ Jean Paul KASONGA 

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